
Le grand séminaire Jean-Paul II de Lomé (Togo) compte, dans sa section de théologie, pas moins de 210 séminaristes. Du 12 au 16 décembre 2011, ils étaient 150 à suivre très activement une session de formation à la communication conduite par des membres de l'équipe internationale du CREC.
Arrivés dès le samedi 10 décembre au soir, quatre formateurs du CREC ont rencontré le dimanche 11 décembre le recteur du séminaire, ainsi qu'un groupe de professeurs, le secrétaire de la conférence épiscopale, les responsables de la commission des communications sociales, le directeur de la TV Spes. Ensemble, ils ont précisé le programme et recherché le moyen d'assurer deux sessions en partie parallèle, l'une, pour les évêques et les responsables de communication sociale, qui devait se tenir au centre CESAL, les lundi, mardi et mercredi visant à initier les évêques à la culture médiatique, et l'autre, organisée dans l'amphithéâtre du séminaire, visant à former le groupe le plus large possible de séminaristes du théologat. Comme le cinquième formateur du CREC, qui devait venir de Kinshasa, n'a pu rejoindre Lomé, les vols ayant été suspendus suite aux événements politiques liés aux élections en République Démocratique du Congo, c'est finalement un groupe de 150 séminaristes, sur les 210 que compte le séminaire, qui a pu suivre la session de formation à la communication pastorale.
Comme de coutume, les formateurs du CREC ont eu le concours de formateurs locaux, dont le secrétaire de la conférence épiscopale, journaliste formé à l'université de Lille, et les responsables de la commission de communication sociale, l'un animant une séance sur le thème de la communication dans les cultures locales, les autres présentant le plan pastoral de communication de l'église du Togo et animant les discussions lors des projections de films. Moolaadé, le film de Sembene Ousmane fut reçu avec beaucoup d'émotion, particulièrement par des séminaristes venus de régions où se pratique encore l'excision.
Quelques exercices ont permis aux séminaristes de se rendre compte que la communication était un phénomène plus complexe que la simple annonce d'un message transmis à travers un canal vers un "récepteur" qui n'a d'autre choix que de recevoir ce message. Ils ont aussi pu constater que le message s'inscrivait dans un environnement qui pouvait être porteur ou au contraire ruiner la communication. Ils ont pris connaissance d'un bref aperçu de quelques théories de la communication. Une part importante de la session a été consacrée à l'histoire des relations entre l'église et les médias modernes et à la nécessaire stratégie de communication que l'église devrait développer pour sa pastorale, en s'appuyant entre autres sur les médias catholiques dont elle dispose au Togo: le mensuel Présence chrétienne, les radios, la télévision Spes, les publications diocésaines et paroissiales, les sites Internet ...
Divisés en vingt-sept groupes de travail, les séminaristes ont eu à préparer un programme de télévision d'une minute basé sur l'exhortation pastorale Africae munus. Les vingt-sept programmes, qui avaient des cibles différentes (enfants, adolescents, familles, hommes politiques...), ont été enregistrés par la télévision Spes, puis projetés et analysés en séance plénière. Bien sûr, il ne s'agissait pas de programmes aboutis, mais ils mettaient en lumière la créativité des séminaristes et l'application concrète de certains acquis de la session.
Le séminaire ayant une connexion Internet trop limitée, l'installation du réseau wifi ne fut pas possible et donc la session ne put aborder les thèmes très attendus des réseaux sociaux et de leur rôle éventuel dans l'action pastorale, dans l'évangélisation.
Lors de la séance de clôture, les séminaristes ont remis leur "feuille de route" comprenant leur évaluation personnelle et ont reçu en échange le certificat du CREC attestant de leur participation à la session.
Rendez-vous a été pris pour une nouvelle session, vers décembre 2013.